On ne me touche pas ici, c’est ma maman qui me l’a dit

Il y a des sujets graves qui valent la peine d’être traités plusieurs fois voire d’être rabâchés.

Quand j’ai eu ma fille, je l’ai regardé avec une tendresse et un amour insoupçonnés et encore aujourd’hui heureusement. Je la laisse pourtant faire ses expériences même si parfois elles font mal à nous deux: elle s’est déjà fait mordre, elle a déjà chuté, tombé, mangé trop chaud, eu peur, fait un cauchemar… C’est la vie, c’est comme ça qu’on dit? Elle aura forcément des déceptions que nous parents, nous ne pourrons qu’écouter: peine de cœur, un loupé au permis de conduite… Mais ce n’est pas parce que « c’est la vie » que tout est acceptable, il y a bien une peine que je refuse: les abus sexuels sur les enfants.

C’est un sujet que j’ai lu mardi chez Supers parents désolée pour ceux qui les lisent également, mon article fait rabâcheur :-). Cela m’a rappelé qu’une copine dans mon premier job (j’avais alors 18 ans) m’avait dit que sa fille avait eu des attouchements dans sa colonie de vacances. Sympa le souvenir de vacances! Le chiffre est énorme: un enfant sur cinq subiraient des attouchements et « dans 70 à 85 % des cas, l’auteur des violences est quelqu’un que la victime connaît ».

C’était un ami de leur père qui était en colonie de vacances (pour en revenir à l’histoire de ma copine). Il avait demandé successivement aux filles de monter dans le grenier… Heureusement, elles étaient soudées et en ont parlé entre elles (elles devaient avoir environ 10 ans), ce qui a permis ensuite le dialogue avec les parents. On ne pouvait pas mettre en doute leur propos. Et qui a envie de toute façon de mettre en doute! Quand elle m’a raconté cette histoire, l’affaire allait passer au tribunal. Elle m’a raconté ça d’un calme…. C’est fou, je pense qu’un truc pareil arrive à ma fille, c’est son père qui passe au tribunal pour meurtre… Ainsi, pour éviter ton drame familial, le conseil de l’Europe a créée une campagne de sensibilisation pour donner aux parents des outils de dialogue avec leurs enfants sur le thème de la violence sexuelle. Car ce n’est pas en évitant le sujet qu’on évite le danger!

Ces chiffres d’un enfant sur cinq et que les agresseurs soient connus dans la plupart des cas m’ont sidéré à un tel point que j’en ai parlé à super-papa-chéri. Nous n’en avions pas parlé mais quand nous lavons notre fille ou la changeons de couche, nous avons ce même réflexe, cette pensée de « que ressent-elle? ». Parfois, elle serre déjà fort les cuisses et c’est la galère pour changer la couche: est-ce inconscient déjà de se protéger? Quand je vois ces petites fesses dans le bain, oui j’ai envie de les croquer mais non, rien de sexuel, justement, le fait d’avoir ce questionnement me donne un respect pour son corps qui n’est pas le mien, même si je l’ai conçu.

Kiko, le personnage qui aide à parler de ce qu'on a droit de toucher ou pas avec son corps d'enfants
Kiko, le personnage qui aide à parler de ce qu’on a droit de toucher ou pas avec son corps d’enfants

« On ne touche pas ici » a pour objectif de faire comprendre aux enfants que certaines parties sont intimes, qu’elles leur appartiennent, que c’est à eux de dire « oui, tu as la permission de me toucher » et qu’il y a « de bons et de mauvais secrets ainsi que de bons et de mauvais gestes. »

C’est Kiko qui s’y colle dans un livre coloré et au dessin simple, à chaque geste, la main demande où elle peut le toucher. A travers ce livre simple, il faut faire comprendre aux enfants qu’ils ont le droit d’être mal à l’aise, de ne pas avoir envie, de dire non et surtout que tout secret ne doit pas être gardé pour soi. C’est là dessus que les coupables sont forts: intimidation, répression, sentiment de honte chez l’enfant…

J’ai envie que ma fille se sente suffisamment en confiance pour me parler de choses intimes sans que je sois sa confidente pour tout. Elle a le droit à son inimité mais pas exemple j’aimerais que le jour où elle souhaite prendre la pilule par exemple qu’elle sache qu’elle peut m’en parler plutôt que d’aller à un planning familial ou pire… Que sa confiance en moi soit plus forte que sa timidité. En abordant ces sujets, je souhaite faire attention par contre à ne pas créer de tabou sexuel. Je n’ai pas envie que ma fille soit mal à l’aise avec son corps. Il faut savoir faire cette différence par contre « j’ai envie » ou « j’ai pas envie ».

Le conseil de l’Europe a créée le livre téléchargeable, un spot tv et des affiches et cartes postales. Tout ceci à partir de 3 ans.

Comme dit le conseil de l’Europe, on peut éviter cela:
La clé est une bonne communication avec les enfants. Cela suppose un esprit d’ouverture, de la détermination, de la franchise ainsi qu’une atmosphère amicale et rassurante.

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10 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Nanou dit :

    C’est un sujet très très intéressant! Il est important qu’un des parents soit proche de leur enfant et idéalement les 2, parce que sinon il ne peut pas y avoir de dialogue :/ (hélas ma mère n’a pas compris qu’on ne peut pas ne pas être proche et désirer un dialogue) Cependant il est triste de voir que les enfants aussi petits soient-ils, doivent se protéger de certains individus et en faire des petits êtres pudiques.
    Il y a un exemple que tu as abordé concernant la pilule… Je dois dire que je reproche fortement à ma mère de ne pas me l’avoir prescrite par précaution, une fois qu’elle a rencontré mon copain! Pourtant Mme disait des trucs à la con « je veux que tu me dises quand tu auras une vie sexuelle » bref… En tous cas je n’ai que 20 ans, pas d’enfant mais j’aime vous lire mesdames car je sais quel genre de mère je voudrais être plus tard 😉

    1. theworkingmum dit :

      Merci pour le compliment! ma mère non plus n’a pas abordé de nombreux sujets avec moi et je le déplore, néanmoins je n’arrive pas à lui en vouloir, je me dis qu’elle devait sans doute se sentir dépassée, ne pas savoir comment faire… car ce qui est sur est qu’en tant que maman on essaye toujours de bien faire!

  2. lilyla dit :

    par encore d’actualité ici mais merci!

  3. Tasha dit :

    bonne idée ce billet.
    Je rappelle régulièrement à mes enfants que personne n’a le droit de les toucher sauf le médecin…. un jour ma fille a ajouté  » et la maîtresse? » ça a été l’occasion de lui expliquer, ainsi qu’à son frere, que même papa et maman n’ont pas le droit de les toucher à certains endroits, sauf s’ils ont un bobo à nous montrer…. vaste sujet!!!

  4. Mary dit :

    ah super ce live. J’ai deux copines qui ont été abusé étant enfant et ça m’a profondément marqué mais je n’arrivait pas à trouver les mots juste pour expliquer à mes enfant je m’en vais télécharger ce livre dès dès maintenant

  5. mymyblue dit :

    J’y pense souvent car c’est une triste réalité. Quand je lave ou je change TJ, je lui dit « y’a que maman et papa qui on droit de toucher la ». Je lui répete a chaque fois… Et maintenant il devient pudique, par exemple il ferme la porte pour aller aux toilettes tout seul et si je rentre il me dit « y faut pas regarder mon zizi ». xx Cette campagne a l’air tres bien, merci pour le lien 🙂

  6. Tan Lynda dit :

    Oh oui, c’est un sujet préoccupant quand on est parent et quand on voit tout ce qu’il se passe dans le monde… Rien que de penser aux pédophiles, je sens une violence me parcourir, il n’y a pas que les pères qui pourraient risquer le tribunal… Et je compte bien, comme tu l’écris justement, installer (du moins essayer du mieux que je peux) un climat de confiance d’une part avec ma fille pour que la communication ne soit pas rompue pour les choses graves, et d’autre part être très vigilante à son entourage car c’est clair que ça vient la plupart du temps des « proches »… Je me souviens étant jeune (peut être 8/10 ans) qu’un homme au marché de Rungis, dans la cohue devant un étal, se frottait sur moi sans que je comprenne ce qu’il faisait, mais en ressentant un vrai mal aise. J’ai mis des années à comprendre évidemment car à mon époque, on ne parlait pas de tout ça. Tu peux imaginer ma colère et à quel point je ne supporterais pas que ma fille subisse le moindre attouchement… et malheureusement on est à l’abri de rien… il ne reste que la prévention, le dialogue… tu as bien raison de le rappeler et ce ne sera jamais trop !

  7. nyfea dit :

    Je n’ai jamais abordé ce sujet avec mon fils, il le faudra parce qu’on voit tellement de choses.. Merci pour le lien

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