Oser aborder la maladie, la séparation avec son enfant grâce à un livre

Quand j’ai vu la date d’accouchement qui s’approchait, je n’ai pu m’empêcher de penser aux femmes qui perdent la vie en mettant au monde leur bébé. Sans doute un poil angoissée? Depuis, j’ai oublié cette possibilité, celle qu’elle puisse un jour grandir sans moi. Vieillir sans moi. Certains enfants connaissent cela trop tôt. C’est une réalité. Aussi, 3 femmes se sont alliées pour créer un livre intitulé « maman, tu seras là?« . L’idée est de nous aider, nous les mamans, à aborder certains sujets douloureux avec nos filles notamment celui de la maladie et de la séparation. A la lecture du livre, je me suis dis « il faut qu’une version père-fils existe! » car ce livre est tout sauf déprimant. Il permet dans les pires moments de doute de se projeter et de se rendre compte que les fondamentaux transmis à notre enfant lui resteront quoi qu’il puisse arriver.

Le livre Maman seras-tu là? pour aborder un sujet délicat entre mère et fille
Le livre Maman seras-tu là? pour aborder un sujet délicat entre mère et fille

Portraits des 3 auteurs

3 auteurs, 3 femmes, 3 mamans pour un livre délicat de 32 pages en format carré que j’apprécie particulièrement. L’une,  Sarah Dauchy est psychiatre en cancérologie, l’autre Anne de la Brunière est journaliste et enfin c’est Savine Pied qui a réalisé les illustrations. « C’est vraiment toutes les trois que nous avons avancé, pas à pas. A force d’échanges et de crayonnés, prenant l’avis de patients, réfléchissant aux meilleurs termes, aux messages les plus essentiels, nous sommes parvenues à faire surgir ces petites scènes de la vie quotidienne au fil desquelles se déroule un dialogue que nous avons voulu constructeur mais aussi naturel malgré ce qui fait si peur… » me précise Anne.

Je préfère pour vous en dire encore plus reprendre les propos de Sarah Dauchy :
« A l’annonce de leur maladie, les parents ressentent une incertitude, une perte de contrôle et, l’une des façons de reprendre la contrôle, c’est d’être dans l’ici et maintenant, de regarder moins loin, à moyen terme, voire à court terme. Sauf que nos enfants ont besoin de voir plus loin. L’idée de cet ouvrage est de rappeler aux patients qu’on a toujours le droit de rêver d’avenir. Les enfants ont besoin de se projeter et, même ceux qui n’auront pas la chance de voir leurs parents assister à toutes les étapes de leur croissance seront infiniment plus riches et armés si ces étapes ont été regardées, envisagées ensemble « 
 » Ce qui est insupportable pour un parent malade, c’est de se dire que son enfant risque de vivre ce qu’il y a de pire, le deuil de son parent mais qu’en plus il ne sera pas là pour l’aider à surmonter cette épreuve. Or, même si on n’est pas là pour l’accompagner aussi loin qu’on voudrait, l’enfant a en lui les germes de son autonomie, de ses compétences et de la confiance qu’on peut lui faire « 

C’est un livre qui permet d’ouvrir le dialogue sans trop faire peur (il me semble) puisque la maladie ou la mort ne sont pas cités.

Ce que j’ai aimé:

J’apprécie l’explication aux enfants et de ne pas se voiler la face « ça n’arrive qu’aux autres ». Trop souvent dans les précédentes générations, il me semble qu’il y avait des sujets d’adultes où les enfants étaient écartés. J’aime cette idée de prendre en compte l’enfant comme une personne, d’aborder tout type de sujet et il me semble que de toute manière, c’est presque inévitable les « pourquoi » alors autant avoir les bons outils!

J’ai beaucoup aimé dans ce livre les pages à remplir: ce que j’ai de maman, ce que j’ai de papa et celles qui permettent à l’enfant d’indiquer ce qu’il aimerait faire plus tard, cet espoir qu’on lui donne.

J’aurais aimé, peut-être, un livre plus long car une fois qu’on rentre dans ce genre de sujet, on a besoin nous aussi, même en tant qu’adulte, d’appréhender certaines réalités…

Editions Nane, 10 euros

Je remercie Anne pour l’envoi du livre sur mon île lointaine!

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Tan Lynda dit :

    Je crois que ce que j’aime le plus sur ton blog, c’est de toujours trouver un article qui me parle… Bon comme tu regrettes que le livre soit trop court, je regrette que ton article ne soit plus long avec aussi plus de questions et pensées de ton côté sur ce sujet. Personnellement, c’est une de mes angoisses permanentes depuis la naissance de notre fille. Mais j’ai plus peur de la mort « subite », comprendre un accident ou une maladie fulgurante, celle qui ne te laisse pas le temps de te préparer ou de préparer tes proches.
    Pour te dire, mon angoisse est de laisser ma puce sans ses deux parents. On est conscient que tout peut arriver mais on espère qu’il reste toujours au moins un parent sur les deux pour veiller et transmettre l’amour, le soutien, etc
    A tel point qu’on s’interdit de sortir tous les deux sans elle. Soit on sort tous les trois, soit un seul avec elle. Je te l’accorde, ce n’est pas parfait et ça ne protège de rien car les aléas du destin sont aussi impénétrables… mais bon c’est tout ce que j’ai trouvé pour me calmer.
    Et l’autre question, c’est si le destin est vraiment contre nous et fait de notre fille une orpheline, « qui gardera et veillera notre fille » ? Et là, pour notre part, trou noir… Bien sûr, ce ne sont pas les gens qui l’aiment qui manquent mais il nous faut en tant que parents apprendre le lâcher prise, la confiance et l’abandon et ça c’est horrible.
    Enfin voilà en gros, ma plus grande angoisse… et je ne manquerai pas d’aller chercher ce livre car tu l’as bien « vendu » 😉 Ca donne envie ! Merci !

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