Education US VS française: à fond dans les clichés?

Je suis tombée sur un article qui m’a hérissé les cheveux! Il s’agit d’une interview de Pamela Druckerman, journaliste américaine qui vit en France et y élève ses trois enfants. Elle a publié un livre Bébé made in France traduit seulement maintenant (je sens qu’on y a rien perdu à attendre!) qui met en lumière la perfection de l’éducation à la française versus l’éducation à l’américaine. Après tout c’est une question de point de vue, au départ, voici sa motivation:

Je voulais comprendre pourquoi les petits Français étaient si bien élevés par rapport à leurs cousins américains et pourquoi les mères françaises avaient l’air si bien dans leurs baskets, contrairement aux mères américaines si stressées…

C’est la première cause du hérissage de cheveux: pourquoi nous mettre tous dans le même panier? Bon, je râle alors que c’est nous les meilleures, hein! J’en connais des tas des mamans stressées. Et puis d’abord, ça veut dire quoi bien éduquer? Voilà la cause du second hérissage de cheveux (heureusement que son interview n’était pas trop longue!):

Je raconte au début de mon livre un épisode au restaurant, avec ma fille de 18 mois. Tout au long du dîner, ce fut un calvaire, elle ne tenait pas en place et jetait la nourriture partout. A côté de nous se tenait une famille française. Leurs enfants mangeaient de tout, étaient plutôt sages et les parents paraissaient très détendus.

C’est le propre d’un enfant de 18 mois de ne pas tenir en place, de vouloir découvrir le monde, de toucher aux choses, bref d’être curieux. Je serais bien triste si ma fille de 19 mois restait à mes côtés sans broncher! A nous de leur donner envie de s’éveiller et d’être curieux. Nous avons justement tenter un restaurant la semaine dernière et ce fut un calvaire aussi mais voilà, je n’ai blâmé personne, on a juste gobé notre plat principal et on filé à la maison avant d’être vraiment sur les nerfs (on retentera dans plusieurs années, on a saisi la leçon! Tous les jouets amenés n’ont servi à rien). Certes, cet enfant au restaurant tenait en place mais pourquoi d’un cas particulier en faire une généralité? Et si c’était aussi une question de caractère?

Pamela et ses 3 enfants

Les mères françaises ont l’air de se faire confiance. Elles ne lisent pas des tas de guides, n’écoutent aucune école de pensée et suivent leur instinct. Elles appliquent Jean-Jacques Rousseau – sur l’éveil de l’enfant – et Françoise Dolto – sur l’écoute – sans y penser. Finalement, elles s’accordent sur quelques grands principes éducatifs, par tradition, par habitude et par pragmatisme.

Mets toi à jour Pamela! Viens un peu sur le blog des vendredis intellos, on en a fait du chemin depuis Rousseau et Dolto! Dans mon entourage, je n’ai jamais vu une maman vouloir agir par tradition! « Ne le prend pas trop dans les bras, il va trop s’habituer », « laisse le pleurer, il apprend à s’endormir seul comme ça »… Et oui c’était plutôt comme cela avant, il me semble… Mais bon, je ne vais pas faire de généralités non plus…

Le petit Français fait l’apprentissage de la patience, de la politesse, des horaires et de l’importance des repas dès le plus jeune âge (là, elle a plusieurs chiffres sur l’obésité US vs française). Un bébé doit faire ses nuits très tôt. C’est l’idée que, dès tout petit, on apprend au bébé à s’endormir tout seul, à surmonter ses crises de larmes et à patienter entre deux tétées.

Décidément je vais avoir du mal à me recoiffer! « Patienter entre deux tétées »? Je n’ai jamais entendu cela, on m’a appris l’allaitement à la demande. Sur le reste, je suis plutôt d’accord mais non, franchement, je vais me rebeller pour le coup contre les médias aussi qui relayent ce genre de propos sans approfondir quoi que ce soit. Voilà pourquoi je préfère lire les blogs aux magazines: les propos sont construits, étayés, il y a de la réflexion, de l’importance donnée aux différents avis du lecteurs… Ici, on met en avant un livre qui selon moi n’est qu’un point de vue, et à ce titre il aurait pu être traité différemment: pas sous l’angle de anthropologie mais plutôt sur un ton humoristique et décalé.

J’adore les visages souriants à l’école, rare chez moi je crois!

Une Française laissera volontiers son enfant jouer seul dans sa chambre pendant des heures ou dans un parc, tout en papotant avec ses copines. Impensable pour une mère américaine qui se donne pour mission de stimuler son enfant en toute circonstance. Elle fait du toboggan avec lui, s’amuse dans le bac à sable, ne le laisse pratiquement jamais seul.

J’aime bien la non demi-mesure « pendant des heures »!! Chez nous et chez certaines de mes copines, l’enfant n’a pas su jouer seul jusqu’à 12 mois environ donc non, je papotais avec mes copines tout en jouant avec ma fille et en la stimulant. Aujourd’hui, à 19 mois, elle sait jouer seule mais sur peu de temps donc je n’ai toujours pas goûté aux longs papotages avec les copines tout en ayant bébé dans une autre pièce. Et d’ailleurs question sécurité, je ne suis pas encore à l’aise pour la laisser vaquer ailleurs sans l’entendre! Au parc, je suis moins excitée que bébé mais tout aussi active, il faut l’accompagner sans arrêt donc non, je ne me reconnais pas dans ses propos. Décidément, suis-je l’exception française? Je ne pense pas!

Les possibles vrais points de différence sérieux que j’ai noté pour ma part entre France et US se situeraient sur:

  • la notion d’enfant roi: en France, « l’enfant n’est pas seul au monde et qu’il faut s’habituer à l’existence de l’autre. C’est l’antithèse de l’enfant roi à l’américaine. » Elle énonce également qu’en conséquence, en France, on ne laisse pas l’enfant prendre toute la place: on peut partir en amoureux et laisser l’enfant à garder par la famille, impensable aux États-Unis. « Aux États-Unis, il n’est pas rare qu’un enfant de 6 ans ne soit encore jamais resté seul chez ses grands-parents. » C’est vrai qu’on parle beaucoup d’équilibre: rôle en tant que femme, conjointe, working mum, puis en couple et en famille… L’enfant roi entend rarement non aux US « on ne dit pas « non » ou trop peu parce qu’exposer un enfant à la frustration ne nous est vraiment pas naturel. » C’est le moment de rire jaune, c’est donc naturel chez les mamans françaises?
  • l’apprentissage: en France, ce sont plus les relations avec les autres qui priment versus les compétences cognitives pour les américains.  » En France, il y a un respect des étapes de développement de l’enfant. Personne, ici, n’aurait l’idée de pousser l’enfant à écrire, à nager plus vite ou plus tôt que les autres. Aux Etats-Unis, nous sommes bien plus dans le culte de la performance alors que les Français laissent davantage de place à l’éveil et à la découverte. » Le culte de la performance… Tout un sujet… Là encore je pense que cela dépend des parents, j’en connais qui note déjà en quoi leur enfant fait mieux ou plus tôt que les autres le cri de la vache par exemple à 9 mois… Surdoué hein! Comme si c’était facile d’avoir un surdoué… Sans doute que l’apprentissage jusqu’à l’entrée au CP est basée sur le rythme de l’enfant mais après, avec l’école, on l’oublie très vite. c’est marche ou crève, tu rentres dans les cases ou non…
  • la notion de bonne mère: aux US, il faut être une mère stressée pour se dire bonne mère. Gloups! En France, notre leitmotiv serait « la mère parfaite n’existe pas ». « Une bonne mère est une mère zen, qui prend aussi du temps pour elle et qui reste une femme à part entière. » Là, je suis d’accord! Tout est question d’équilibre (cf plus haut sur la notion d’enfant roi). C’est d’ailleurs sa conclusion: les mères françaises sont plus équilibrées, concernées mais pas obsédées.

Les commentaires en bas de l’article sont assassins, je vous en cite 3 : « C’est clairement un ramassis de clichés d’une France idéale fantasmée par une américaine. », « Comme si l ‘éducation était homogène au sein d’un pays. Marre des généralisations a la con! », j’apprécie énormément celui-ci qui est valable pour tout sujet: « la caricature et la science des ignorants ».

Pour ne pas totalement casser, cela soulève la question suivante: l’interview est-elle maladroite ou le livre, que je n’ai pas lu, n’est-il réellement qu’une vision personnelle avec ses incohérences?

Couverture du livre de Pamela Druckerman
Couverture du livre de Pamela Druckerman

Envie de lire le livre? Je cherche pour trouver des réponses des témoignages de lectrices mais aussi des américaines qui pourraient donner leur point de vue. working-mum (at) live.fr, j’attends vos avis, en commentaire ou si vous êtes inspirée, par email, je publierais ensuite! A votre plume!
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31 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Isa Noelle dit :

    Bonjour,
    Je n’ai pas lu le livre donc je critique pour critiquer 😉 mais je vis au Royaume Uni et j’y élève mes enfants.

    Donc, si j’ai une chose à dire aux mamans françaises, c’est de faire attention aux experts anglo saxons. Le modele qu’ils vantent (attachment parenting, allaitement etc) correspond à une organisation de société spécifique.

    L’idée ici est qu’un enfant qui va de 8-17h à l’école est comme une personne internée en hôpital psychiatrique (« he’s been institutionnalised! »). Mettre son enfant à la crèche toute la journée c’est être une mauvaise mère.

    L’enfant est avec sa maman jusque 4 ans. Pas d’école avant 4 ans, (maternelle) « nursery schools » de 2 heures par jour !!! Les horaires sont augmentés graduellement (les enfants finissent à 12 hrs les 1eres années, puis 16 heures au lycée). Le rythme est meilleur pour l’enfant c’est sur.

    Mais ça veut dire que la mère ne peut pas travailler à moins qu’elle soit d’un milieu aisé et puisse se payer une nanny. C’est pour ça que la jf au pair a été inventée – pour que la maman puisse quand même travailler.

    Les structures pour soutenir les mères de classe moyenne sont les suivantes:
    – « mothers and toddlers groups » ( groupes meres-enfants) ou espaces avec des jeux et ou les mamans peuvent prendre un thé et des toasts pour £1 par jour. Il se réunit 1 fois par semaine (pour 2 hrs max). Du coup, il faut se déplacer pour être occupé 5 jours sur 7 (budget transport ou essence).
    -classes pour bébé comme baby yoga, baby massage, baby sensory, etc (£36 pour 6 cours en moyennes).
    – boards Pinterest : http://www.pinterest.com/hfitzsimons/toddler-and-preschool-activities/
    -les copines (travail au noir informel pour 4 heures max par jour)

    En définitive, les mamans de classe moyenne ne travaillent souvent plus et deviennent mères au foyer (sahm). Cela est épanouissant pour l’enfant mais la vie sociale de la mère peut en souffrir. Voyez Lily Allen*

    Les mamans se rendent compte qu’elles ne peuvent plus travailler après leur enfant. Du coup, celles qui aiment bosser deviennent expertes ès bébé et créent des produits essentiels (couverture pour allaiter, crème pour les seins). Ainsi, Jessica Alba a crée sa compagnie** de produits bio pour bébés. L’Anglo Saxonne lambda crée un blog ou elle célèbre les vertus de la maternité afin de trouver des partenaires publicitaires. ***

    Cela est possible chez les Anglo-Saxons pcq l’entreprenariat est encouragé (taxes et faible lourdeur administrative). Combien de mamans entrepreneures en France trouvent des fonds pour leurs business?

    Bref, à méditer avant de transplanter le modèle dans un pays qui a un autre rapport à l’argent.

    * http://www.dailymail.co.uk/tvshowbiz/article-2550556/Lily-Allen-admits-returned-work-got-bored-staying-home-children.html
    ** the Honest compagnie
    *** exemples (liste non exhaustive):

    *

    1. theworkingmum dit :

      Merci de ce témoignage éclairé, super intéressant!

  2. Rosali dit :

    Coucou je suis venue sur ton blog car j’ai vu que tu étais à la Réunion ma petite ile de coeur et je tombe sur cet article fort intéressant !
    Mon ressenti à moi par rapport aux enfants que je vois évoluer avec ma fille est assez mauvais … j’ai le sentiment qu’on est dans une société ou dés le plus âge les enfants sont déjà en plein dans le paraître !! Ma fille a bientôt 8 ans (nous vivons dans un petit village alsacien) à l’école certaines petites filles lui dessinent sur les vêtements ou lui coupent les cheveux (si si … je t’assure) sans parler des gros mots à outrance … bref je me demande si on peut encore parler d’éducation finalement … mais plutôt de non éducation je fais pas de généralités mais … les enfants polis respectueux se font aussi rares que les adultes !!!!

    1. theworkingmum dit :

      C’est clair quand je vois le comportement de certains adultes, je me dis que les enfants n’ont pas intérêt à nous prendre pour exemple: Faites ce que je dis et pas ce que je fais! Personne n’est parfait mais parfois… On est quand même en pleines incohérences! Merci pour ton commentaire en tout cas 🙂

  3. Lilac dit :

    Salut, je crois que je suis tombée sur ce livre cet été pendant mes vacances en Grande-Bretagne (« French children don’t throw food » en VO, c’est bien celui-là?), et je confirme qu’il énumère un ramassis de cliché du même ordre que les citations de ton article! J’ai rouspété en plein milieu de la librairie en le feuilletant !

    1. theworkingmum dit :

      Non c’est encore un autre!! Comme quoi…

  4. vero dit :

    rien que le titre du livre annonce que c’est bourré de clichés …
    enfin bon, elle en vendra un paquet aux etats-unis et se fera un peu d’argent …
    c’est bête car il suffirait de regarder chez eux ou pas loin : faber/mazlich, gordon …
    tu mets pas rousseau en pratique tous les jours toi ? ohhh…. ^^
    faudrait leur traduire filliozat, catherine dumonteil-kremer !!

    1. theworkingmum dit :

      J’avoue ne pas avoir lu Rousseau du tout!! Mais les grands principes des autres je les connais (ouf!!), j’aurais préféré avoir un point de vue humoristique qu’une fausse réalité véhiculée un peu partout !!

  5. Merci pour ce résumé. Une amie m’avait parlé de ce livre quand j’ai eu mon premier et on avait bien rigolé. C’est une de ces copines anglaises qui lui a dit que c’était un livre « référence » aussi en Angleterre! Truc de fou! Moi je dis : il ne manque plus que la baguette de pain à côté des enfants aux bérets pour faire le parfait « cliché » français!

    1. theworkingmum dit :

      Mieux vaut le prendre en effet sur la rigolade! Même si on note des vrais points de différence, l’annoncer comme une vérité… C’est moyen!

  6. mylittlenath dit :

    waaaaa comment tu t’es lachée! On peut dire que tu y a été avec le coeur ! lol je n’ai pas lu ce livre, je ne le lirais pas mais ça me fait rire tout ces clichés… comme tu l’as dit c’est plus une opinion qu’un essai sociologique, c’est le point de vue d’une américaine selon sa propre histoire…ce livre aurait très bien pu être qu’écrit par une autre américaine avec une opinion inverse – elle flatte l’égo des français j’ai l’impression exactement comme font les américains – mais ça c’est une opinion (ou un jugement?) 😉 bisous

    1. theworkingmum dit :

      Et pourtant à la relecture, j’en ai supprimé des choses plus négatives 😉 Et finalement je me trouve un peu sévère sans avoir lu le livre mais non, pas envie d’en savoir plus!

  7. Vesta dit :

    Bon déjà quand on voit que c’est Badinter qui écrit la préface on sait déjà à quoi s’attendre. La situation aux US est assez différente de la sont très différentes: entre « gens de bonne compagnie » il faudra veiller aux apparences, et ce depuis la taille du gazon jusqu’à la façon de parler à junior façon CNV. Peu de place pour la spontanéité peut être. Mais ce que Pamela décrit ressemble plutôt à ce qui se faisait il y a 30 ans. Je trouve que ce livre manque de profondeur en fait. Et puis mince avec Badinter quand même fallait pas s’attendre à chanter les louanges d’une maternité épanouissante. Non non non le gosse aliène la femme et donc les femmes françaises dont elle se veut la défenseure des droits ne se laisseront pas abuser… (je caricature… presque!)
    Effectivement on se laissera peut être plus facilement aller en France à pas être une mère irréprochable, à ne pas en faire une montagne et à réaliser que tout n’est qu’ajustements.

    1. theworkingmum dit :

      Elle ne décrit pas des Etats Unis que j’aime, ni ne véhicule l’image que je m’en fais… Pour y être allée plusieurs fois et notamment avoir vécu dans une famille américaine, bref je garde mes bons souvenirs!

  8. Kimie dit :

    J’ai vu plusieurs reportages en fin de semaine dernière sur ce livre, en France tout le monde n’est effectivement pas du même avis qu’elle… Et pour voir l’éducation que mes belles-soeurs donnent à leurs enfants, qui sont bien différentes l’une de l’autre, je ne crois pas qu’on puisse vraiment dire qu’il existe une éducation « à la française »…

    1. theworkingmum dit :

      Même si y a de vraies points de divergences, un autre angle aurait pu être pris pour ce livre… Elle ne traitre que de familles aisées par exemple d’où le souci…

  9. DarkGally dit :

    Ouais ben je connais pas les mêmes familles françaises que cette dame !

    1. theworkingmum dit :

      Oui moi non plus! On écrit un livre? lol

  10. mymyblue dit :

    Malheureusement les clichés et les exagérations font vendre, ce n’est pas nouveau.
    Ceci dit, j’ai vécu aux États-Unis, en Angleterre, en France et maintenant en Espagne, dans ces 4 pays j’ai observé l’éducation des enfants, j’y ai même contribué : volontaire dans une école primaire aux USA et vivant dans une famille, prof au collège en Angleterre, maman de TJ 🙂
    Tout n’est pas si faux, il y a un grand fond de vérité mais ça se voit surtout quand les enfants deviennent plus grand, et surtout ado.
    La notion d’enfant roi aux USA est vrai, mais bien-sûr pas aussi extrême dans toutes les familles. Ce qui est vrai c’est qu’on dira rarement « non! » à un enfant ou plutôt on le dira autrement. Aux États-Unis et surtout en Angleterre, il est IMPENSABLE d’hausser le ton, voire de crier sur un enfant : c’est même très très mal vu, on passe pour une folle hystérique ou pire… De la même façon, tu ne verras jamais une maman US ou anglaise donner une fessée ou une claque (en tout cas surtout pas en public) alors qu’en France et ici en Espagne c’est plus courant. Encore une fois, bien-sûr ça dépent des parents. J’ajouterai juste que même si les mentalités changent et si chaque famille est différente, je vois souvent mes copines-mamans US se justifier sur Facebook parce qu’elles ont laissé leur enfant jouer tout seul etc… On voit bien que c’est encore nouveau dans les mentalités US.
    Du côté de l’école, un enfant n’est pas stimulé pareil et n’apprend pas de la même façon dans les pays Anglo-saxon et latins : USA-Angleterre VS. France-Espagne. Un élève américain ou anglais n’apprend pas de règles de grammaire, de conjugaison, etc… Les méthodes sont complétements différentes : il va davantage apprendre à donner son avis, s’exprimer sur un sujet. Pour donner un exemple concret : 90% de mes élèves en Angleterre ne savaient pas ce qu’était un VERBE mais ils pouvaient te faire une rédaction sur leur opinion de telle pièce de Shakespeare.
    Alors bien-sûr les enfants français apprenent à donner leur opinion, font des activité ludiques, etc… Mais de mon expérience en tant qu’éleve, je me souviens bien que très peu de place est accordée à ce que je pensais vraiment. Il s’agissait plus de régurgiter tel ou tel courant de pensé (et souvent être du même avis que le prof) pour avoir une bonne note, et tout ça bien-sûr avec une orthographe et grammare irréprochable! Aux USA, et en Angleterre il serait Impensable de donner une mauvaise note sous prétexte que l’élève a fait des fautes d’orthographes ou n’a pas « recraché » tel livre qu’il devait lire sur le sujet.
    Bien-sûr, je pourrai parler pendant des heures et donner d’autres exemples mais je vais m’arrêté là. Et c’est juste mon avis et mon expérience 🙂

    1. theworkingmum dit :

      Je crois que je préfèrerais ton livre au sien!

  11. J’ai déjà discuté de ce bouquin sur une liste de diffusion (et pour le coup, je crois que je suis plus sévère que toi ^^), donc je te copie-colle ce que j’avais écrit :

    Pour ce qui est du livre de Pamela Druckerman, je ne l’ai pas lu non plus, mais vus les extraits – et je dirais même vu le titre – c’est clairement cliché, et faux !
    Déjà, faire une généralité sur « les enfants français ceci » ou « les enfants américains cela » j’aime moyen. Mais bon. Ce qui m’étonne vraiment, c’est qu’on puisse dire que les enfants français sont bien élevés ! Perso, ça n’est pas forcément ce que je vois autour de moi. Et quand bien même il y aurait plus de petits « bien élevés », regardez les ados ! Et même la société toute entière ! L’égoïsme forcené qui sévit chez nous est pour moi clairement lié au manque de maternage.
    Quant à dire que les théories sur l’éducation non violente viennent des USA alors que les enfants américains sont des monstres, je trouve que c’est un raccourci terrible ! Je te dirais que la gastronomie française est réputée, mais que pourtant beaucoup de Français(es) ne savent pas faire à manger ! Peut-être que les théories d’ENV viennent des USA, mais ça ne veut pas dire que tous les USA les appliquent !

    Maintenant, arrêtons-nous 2 secondes sur ce que veut dire un enfant « bien élevé ». D’après un article du Figaro (parce que je suis nulle en anglais, désolée ^^) qui parle du bouquin de P. Druckerman (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/23/01016-20120123ARTFIG00478-l-education-a-la-francaise-un-modele-outre-atlantique.php) :
    « pourquoi les enfants français mangent-ils avec obéissance ce que l’on met dans leur assiette? Pourquoi font-ils leurs nuits aussi tôt, parfois dès l’âge de deux ou trois mois? La journaliste s’émerveille de ce qu’ils disent «bonjour» aux adultes même inconnus qu’on leur présente et de ce qu’ils ne font de scandale ni dans les restaurants ni au supermarché. On les voit mais on ne les entend pas intervenir à tort et à travers à table sous le regard de leurs parents énamourés. [là j’ai déjà envie de vomir…] Comment donc les mères font-elles pour discuter avec leurs amies alors que leurs chérubins jouent tranquillement sans se disputer ? Et comment font-elles pour avoir l’air si sexy et paisibles malgré leurs maternités?
    Pour Paula Druckerman, la clé du succès de l’éducation à la française, c’est une combinaison de règles rigoureuses concernant la nourriture, les horaires des repas et l’heure du coucher. À l’inverse des parents américains attentifs, selon elles, au moindre désir de leurs enfants, elle estime que les Français ne répondent pas immédiatement à leurs demandes et leur apprennent ainsi la frustration et l’autodiscipline. Ces merveilleux parents osent dire «non, ça suffit» et punir plutôt que de se pencher interminablement sur la raison pour laquelle Lucie a lancé du sable dans les yeux de Paul.
    Dans les écoles françaises, affirme-t-elle aussi, on mise sur les fondamentaux – grammaire, écriture et «par cœur» – plutôt que sur les activités ludiques, davantage prisées outre-atlantique. »

    Sincèrement, si c’est ça un gamin bien élevé, je n’en veux pas ! Je trouve ça juste super flippant !
    Récemment, j’étais à un mariage et j’ai vu une petite fille (7 ans ?) qui s’est assise dès qu’elle est arrivée et qui n’a plus bougé ni parlé pendant un moment. P. Druckerman aurait sûrement dit que c’était une bonne petite fille bien élevée. Moi je me suis juste dit qu’elle était flippante et je me demandais pourquoi elle n’allait pas jouer et courir partout avec les autres enfants !
    La description qui est faite plus haut de l’enfant bien élevé me donne juste envie de crier : « Mais un gosse ça n’est pas une plante verte !!! »

    Et puis, en ce qui concerne les horaires stricts pour les repas et le dodo, j’ai envie de dire : « on n’est pas à l’armée ! ». Perso, je n’ai pas faim tous les jours à 7h32 piles. Parfois c’est 7h15, d’autres fois 7h45, ou même plus tôt ou plus tard. Et je n’aimerais pas qu’on m’impose un horaire pour manger !

    Sans parler de ce qu’elle dit sur les écoles françaises ! C’est clair que la grammaire et le par cœur font partie des fondamentaux, et à bas les activités ludiques… n’importe quoi !

    Après, il y a un juste milieu, et c’est ça que notre chère P. Druckerman a oublié : éduquer ses enfants de manière respectueuse ne signifie pas ne pas leur donner de limites. Ce serait du laxisme, et c’est manifestement ce qu’elle voit aux USA. Le truc, c’est de savoir quelles limites poser. Car trop de limites, c’est mauvais. Donc il faut bien choisir. Par exemple : on ne laisse pas son gosse traverser la route sans traverser, on est d’accord. Mais on peut le laisser 2 jours de suite (voire plus) sans prendre de bain !
    Les limites essentielles doivent permettre de garantir la sécurité de l’enfant et le respect des besoins de l’enfant ET des parents. Donc sachons différencier nos besoins de nos envies. Et lâchons un peu sur ce qui n’est si important au fond, pour se concentrer sur ce qui l’est vraiment.

    1. theworkingmum dit :

      Ha oui toi aussi ça t’as bien enervée!!

    2. Purenkov dit :

      L’auteur du livre est bien plus fine que ca! Ce sont les articles sur le livre qui sont caricaturaux! Comment peut-on se permettre de « se lacher » ainsi quand on a meme pas lu le livre! Si vous l’aviez lu vous y auriez vu presque texto vos opinions. Un peu de nuances!

  12. Bonjour theworkingmum,
    J’avais déjà vu passer cet article je ne sais plus par quel biais et j’avoue avoir été stupéfaite de lire cette description de la famille et maman française car ce n’est pas l’expérience que je vis.
    Je suis en train de lire « C’est pour ton bien » d’Alice Miller qui me permet de changer mon regard sur ces enfants soi-disant bien élevés et dociles que Pamela a l’air d’envier à notre société française. Ces enfants qui sont forcés dès l’euro,us tendre enfance à renier leurs sentiments positifs comme négatifs pour qu’ils deviennent de bons enfants dociles et soumis à l’autorité parentale. Quelque chose que je ne souhaite absolument pas que ma fille devienne. Parfois je me demande même pourquoi les adultes font des enfants! Pour avoir sous leur main des petites choses dont ils pourront faire ce qu ils veulent (enfin c’est leur tour de jouir de cette supériorité parentale) ou voir grandir une personne (leur enfant) dans le respect et s’émerveiller devant cet être qui se construit et devient une personne pensante et respectueuse des autres par choix et non peur de l’autre ? Je suis peut-être un peu fouillée, désolée 🙂
    Merci de l’avoir donné l’occasion de dire ce que je pensais de l’article et je pense que je lirais le livre.
    Caroline

    1. theworkingmum dit :

      Oui c’est ça le souci… Donner l’image de la sagesse alors que ce n’est que ne non dit de sentiment… D’où ma critique de son livre…. Question éducation je me demande si on peut réellement faire de généralité… IL faut traiter cela comme un vrai sociologue avec chiffres à l’appui et de toutes les CSP si on veut vraiment comparer… Et quelle utilité au final?

  13. Tasha dit :

    je te trouve un peu sévère, mais bon, si Pamela écrit un livre avec son avis, tu peux écrire un billet ;-p
    Elle schématise peut être dans le développement, mais je pense que le fond y est. Je n’ai pas le temps de développer plus, et puis ce n’est que mon avis aussi… (et c’est quoi cette abominable photo avec les bérets?!!! Où comment faire perdre toute crédibilité à cette femme!!!)

    1. theworkingmum dit :

      J’avoue qu’à la relecture, je me trouve aussi sévère mais d’un point de vue en faire ressortir comme si c’était une étude sérieuse ou des vérités… Je pense qu’il faut aussi remettre à sa place les livres « point de vue ». Pour la photo, les bérets c’est pour montrer le côté cliché de la France 😉 Un peu d’humour!

      1. Tasha dit :

        ha oui, mais non, le béret, je peux pas, c’est plus fort que moi 😀

      2. theworkingmum dit :

        Mais sur un homme ça peut être sexy non? LOL j’arrête!!!!

      3. Purenkov dit :

        Severe, certainement, pour quelqu’un qui n’a pas lu le livre. En fait, l’auteur caricature c’est vrai, et il y a des generalisations dans ce livre, pour pouvoir vendre plus facilement aux US. N’empeche qu’elle ne fait que raconter sa vie a Paris et ce qui l’a aide a elever ses enfant dans la culture francaise. Moi je l’ai lu comme un livre tres personnel sur ses problemes et ceux de ses amies americaines. Apres, on voit bien, ce qui a ete simplifie pour faire vendre aux US et il est clair que Badinter est a milles lieux des opinions de l’auteur qui n’est pas philosophe pour deux sous. Sa preface,c’est aussi pour faire vendre, en France cette fois.

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