{Road trip Québec} Sous la tente, au milieu de rien (croit-on)

Quand tu vas au Canada, pour saisir le sens des mot nature et immensité, une nuit (ou plus) dans un parc national s’impose. Le Canada en possède 22. Une nuit sous la tente était une expérience que nous voulions tenter avec le saucisson dehors pour voir les ours… Boutade, loin de là car une nuit en pleine nature c’est aussi prendre conscience que notre instinct animal a été réduit à peau de chagrin (jusqu’au moment où on t’écrase le pied dans le métro…)
Nous voilà donc à traverser la région de Charlevoix et à nous arrêter pour la nuit à l’un de ses deux parcs nationaux : le parc des hautes gorges de la rivière Malbaie.

24 heures sans pouvoir avoir les réflexes de confort habituel… Qu’est-ce que cela va-t-il donner pour nous et notre fille de deux ans ?
Petite parenthèse avant de te dévoiler avec suspens (quoi que puisque j’écris c’est que je suis vivante) quelle fût notre aventure…

Ma fille a deux ans passés et n’est pas décidé à aller au pot. Quand j’ai réservé fin juillet cette nuit sur le site internet des parcs, je me suis dis que je n’allais surtout pas la forcer, pas là tout de suite ! Imagine, un road trip et en plus pas de WC à proximité… Si jamais une envie lui prenait la nuit : s’habiller, prendre la lampe, les lingettes, rien oublier, y aller dans le froid ou carrément sous la pluie… Malgré cette vision d’horreur (parce que pour moi vacances est un mot synonyme de plaisir et pas de caca sur les doigts), je l’ai prise cette nuit sur internet après avoir rangé le pot en hauteur…
Nous voilà donc (réellement) au milieu de la nature. La dernière ville est à 30 km derrière nous. Nous entrons dans le parc et prenons nos quartiers d’été. Ha oui, ce fameux été indien qui ne pointe pas du tout le bout de son nez depuis que nous sommes là mais par chance, il fait beau (pour le moment car je commence à me dire que le Canada, c’est la Bretagne : météo très changeante).

Nous avons une tente Huttopia (conception française, cocorico) qui peut accueillir 4 adultes et te permet d’être debout dans un bon 8 mètres carrés selon moi. Tu as tout ce qu’il faut à l’intérieur comme vaisselle et à l’extérieur le frigo qui ferme à clefs et deux plaques à gaz. Il y a un chauffage d’appoint également. Détail non négligeable. Nous faisons le lit avec les draps loués au parc (on n’allait pas s’encombrer dans les valises pour une nuit) puis visite des environs.

tente-huttopia-exterieur

interieur-huttopia

Un point étonnant est le calme qui règne. Pas de voiture certes (normal entrées payante et réglementée). Nous ne sommes plus en saison touristique depuis une bonne semaine donc pratiquement seuls. Nous devrions entendre et voir cette nature vivante si riche mais pas d’oiseau dans le ciel ni de sons de nature… Etrange. Elle existe c’est certain vu les recommandations et les affiches collées pour expliquer quelle attitude avoir notamment vis à vis des ours (le campement suivant – à 8 km – dispose même de pic à ours).
Après une petite balade au bord de la rivière, la contemplation des parois de ces gorges et quelques clichés, nous sommes de retour « chez nous ». On explique à la miss que c’est notre maison pour la nuit. Un peu désorientée mais elle s’y fait vite : elle escalade la table de pique nique dehors et fait le tour de la tente. La nature est tellement dense qu’elle ne peut pas improviser de ballade autre que le tour de la tente.


Nous faisons une expédition pour aller chercher de l’eau pour le café du lendemain matin. 3 minutes de marche. Vive les couches ! Je profite pour une pause pipi et re vive les couches ! Sur le retour, nous croisons un lièvre qui n’a même pas l’air effrayé. Je referme la porte et j’aperçois un petit animal qui en profite pour aller chercher un bout de gâteau que la miss a laissé tomber vers la table de pique nique. Petit, vif, qui mange à la façon d’un écureuil mais tâché sur le dos… C’est Tic ou Tac ! Je pousse un cri de joie car pour la gosse que j’étais, je ne m’étais jamais dis que cette race existait réellement. Il s’agit d’un Tamia, de la famille des écureuils, typique d’Amérique du nord. Un cri que trouve super-papa-chéri disproportionné par rapport à la taille de l’animal (en même temps, face à un ours, j’ai intérêt à ne pas crier du tout)
Nous regardons l’heure : 18H. ça va être long ! Pas de bain, pas de repas à préparer (la salade est déjà faite), pas de télévision pour glander sans réfléchir. C’est pour ça qu’on est là, la noion du temps est tout autre! Hop, on enchaine avec un atelier dessin avec la miss. Elle finit par se lasser (je te dis au bout de combien de temps ou tu sais déjà que c’est trop peu !) mais va faire de très longues minutes la maman de son bébé Corolle.
19H, la nuit est déjà tombée et le froid aussi. Je ne l’avais pas remarqué jusqu’à présent. Quelques rangements, tri de papiers (que de tickets de caisse !) et nous mangeons : il est 19H30.
A l’inverse de l’île de la Réunion où il n’y a pas d’animal féroce, ici, il y a des règles à respecter à la lettre :

  • ne pas cuisiner sous la tente mais à l’extérieur pour éviter les odeurs de nourriture
  • faire immédiatement la vaisselle pour éliminer les odeurs
  • ne pas jeter les restes et mêmes les huiles et sauces dans le feu, l’odeur passe quand même
  • mettre TOUTE la nourriture dans le frigo ou dans la voiture car même le dentifrice peut attirer l’ours

Tu l’as compris, tu es un invité même si tu ne vois pas tes hôtes (c’est pas plus mal). On en rigole et en même temps, ça fait peur il faut le dire. A l’extérieur, tout est noir. Le vrai noir. On est loin des nuits parisiennes 😉
Là je dis vive les couches et vive les lingettes ! On nettoie les couverts, les assiettes, les verres. Nous mettons les restes dans un sac plastique lui-même dans un pot de yaourt 500 ml tout juste fini, lui-même dans la poubelle fermée. Toute la nourriture va dans le frigo que nous refermerons à clefs. Outre la douche et les WC (dont la proximité me manquera au réveil le lendemain), ce qui manque le plus est l’eau courante. Pour disposer la salade et couper le fromage, je ne sais combien de fois avoir eu le réflexe de chercher l’évier et le robinet ! Les lingettes, ça dépanne mais franchement, ça ne vaut pas l’eau ! Cette sensation d’en avoir encore sous les ongles… Beurk !
Ma fille réclame Balou (le livre de la jungle) mais on lui explique qu’il n’y a rien ici, pas d’ordinateur ni de télévision (on a rien sorti pour bien lui démontrer qu’on était pas des menteurs hihi) alors nous avons lu à trois pour la premières fois tous les livres amenés, jouer aux cartes (comme on peut jouer à deux ans)… et nous nous sommes couchés en espérant une bonne nuit, notre fille entre nous deux.
Je pensais me réveiller le lendemain matin comme une fleur (tous les matins quoi) mais je fus réveillée en pleine nuit pas le bruit alentour et cette sensation qu’on faisait bouger la tente ! « Chéri ?! » – « Mmmh », il ne dort pas. « T’entends ? », comme si on ne pouvait entendre et sentir. C’est flippant car tu sais qu’ils sont là mais où et qui exactement??!! ça gratte, ça parle… Je me suis dis que c’était normal et que je commencerais à réellement flipper quand je les entendrais sur le parquet extérieur et près de la porte (avec le recul quand c’est top tard!) et sur cette pensée, je me suis rendormie paisiblement!

Le lendemain, réveil en douceur, vers 8H. On avait coupé le chauffage d’appoint vu sa performance, la tente était presque un sauna, je le remets et à la demande du sergent major ma fille, on prépare le biberon. Obligation de faire chauffer l’eau à l’extérieur… Froid et ciel couvert. Pour un réveil réellement en douceur, on a mis les dessins animés chargés sur l’ordinateur (on se soigne pas comme ça) puis, une fois la tente nettoyée, en route pour une balade en vélo le long de la rivière (la miss en remorque pour enfant, un premier essai concluant!). Un de nos meilleurs moments de plein air canadien!

Nous prenons ensuite la route pour le fjord du Saguenay et sa population de mammifères marins… Un léger regret de n’avoir vu que Tic ou Tac et pourtant le logn de la rivière les habitats du castor on en a vu!!

Voici ce que nous avons manqué (mais on ne reprends pas l’avion demain), je précise que les photo ont été faites dans ce parc même!

Et ce que j’ai vu, le tamia qui m’a tant fait rire petite 🙂

Tamias striatus
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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. J’aurais adoré une soirée et une journée comme ça. Ca a l’air magique…

  2. Sandrine dit :

    Oh très chouette, nous n’avons pas tenté de dormir dans les parcs en Gaspésie par peur de la pluie et nous avons bien fait car il pleuvait souvent la nuit! Allez bonnes vacances! J’attends la suite avec impatience

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