Déménager quand on est un enfant de 4 ans

Quand certains préparent leurs affaires pour partir en vacances, d’autres bouclent leurs valises pour un aller simple : 3 sacs de 20 kilos, 2 bagages cabines de 1 kilos et un chat en soute. Nous sommes partis comme nous l’avions fait en septembre 2011, ma fille âgée de 3 mois, aujourd’hui de 4 ans, pour l’ile de la Réunion. Un aller simple.

Si nous avons du gérer le boulot à distance, la recherche d’un foyer, le container avec nos affaires et la voiture dedans, ma fille elle aussi, même sans voir tout ça, a vécu la chose : avant, pendant et maintenant. Je ne l’appelle pas encore « l’après déménagement » car nous sommes encore pour 2 semaines en transit chez des amis.

Y-a-t-il une méthode pour que ce soit bien vécu? Comment expliquer à nos enfants? Bref, c’est une période remplie d’émotions !

Informer suffisamment à l’avance

Je suis partie en mars, seule, pour repérer les villes où nous pourrions nous installer et pour deux rendez-vous de travail qui ont été fructueux. J’ai expliqué à ma fille où j’allais et nous avons skypé pendant cette semaine. Absence très bien vécue. J’ai ramené une boule à neige de l’île pour rendre concret ce déménagement : sur une île, avec la mer, avec la montagne, avec un volcan et l’avion qu’il faudra prendre pour s’y rendre.

Nous n’en avons pas parlé tous les jours. Elle le savait, parfois posait la question du nombre de jours restant mais ce fut tout.

Expliquer sans idéaliser

Vient bien entendu la question du pourquoi. A 4 ans, il faut forcément simplifier les explications : le cadre de vie, la météo, le travail qui nous attend… Ma fille a bien intégré que c’était bien elle qui partait avec papa et maman.

C’est bien le point délicat : la famille que l’on ne verra plus si facilement en un claquement de doigts (ou un billet de train au prix assassin). Là dessus, il faut être suffisamment sûr de soi car la famille est un des socles!

Faire participer au rangement

Un point positif est le rangement induit par le déménagement. Ce fut l’occasion de ranger, trier, donner… Et de faire participer ma fille au tri de ses jouets, ceux qu’elle gardait pour jouer dans l’avion et ce mois de transition chez la famille et les amis. Souvent, elle demande où est son cheval noir « mistral » de son petit nom et comme réponse, elle prend la photo des cartons. Elle sait qu’il arrive par bateau un peu plus tard.

demenagement-container

Ne pas avoir ses enfants les jours de déménagement

Bien que mon parti pris soit de ne rien cacher, il est essentiel d’avoir la famille ou des amis pour garder son ou ses enfant(s) les jours de logistique. On ne peut pas ET vider un appart ET remplir un camion ET faire le trajet AVEC un enfant qui demande de l’attention. Bref, super-mamie-par-trois-fois a été plus que sollicitée et encore une fois, ma fille a très bien géré notre absence! A notre retour, nous lui expliquions ce que nous avions fait et ma fille a insisté pour voir sa maison vide. Le jour du ménage de l’appartement, elle est donc venu avec nous et avons du répondre à nouveau au « pourquoi » sans qu’elle soit plus inquiète que cela.

Prendre le temps à l’arrivée et alterner repos et logistique

A l’arrivée, la famille n’est plus là pour permettre de se consacrer à la logistique. C’est pour cela qu’il est essentiel de ne pas dégouter l’enfant dès le début et d’alterner logitique et temps pour l’enfant : aller au parc, manger une glace sur le front de mer… Cela permet aussi de gérer la transition, on en a tous besoin, non?

Arrivés depuis 24 heures sur l’ile, je dirais que la grande force de nos enfants est de vivre l’instant présent. Ma fille fut ravie de prendre l’avion, d’être enfin sur l’ile (même si je pense que ça reste un concept), elle ne pense pas encore à la notion d’aurevoir et de la distance et ça aide énormément. On ne lui a pas caché qu’elle verrait sa famille pendant les vacances, pas autant qu’avant et sa facilité de digérer l’info finalement nous aide aussi.

Et si on se disait que plus on attendait et plus on faisait souffrir nos enfants en les coupant des copains, de la famille et de leurs accroches? C’est sans doute juste que c’est plus difficile pour les plus grands enfants mais ils sont aussi scolarisés, se feront des camarades de toutes les façons et surtout à mon sens c’est leur donner le goût du changement, tester leurs capacités d’adaptation et ça, de nos jours, c’est juste essentiel! Qui garde son premier amour, son premier boulot, son premier foyer? On a tous des changements à gérer, le changement c’est aussi aller chercher du mieux! 

« Essayer la routine, elle est mortelle » avais-je lu un jour…

Et chez vous? Des déménagements de vécus? Loin ou proche? Des conseils à partager?

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Heureuse de te lire ! Nous sommes exactement dans la dernière phase et nous nous rendons compte que les Loups ont besoin de BEAUCOUP d’attention à l’aterrissage. Pas question de passer nos journées à aménager l’appart’ ! On sort, on découvre la ville, on s’organise des petites escapades dans la région et tu as raison … on en a tous besoin ! Bonne installation !

  2. Lexie dit :

    On a immigré au Canada mais notre fille n’avait que 6 mois. Elle a eu une facilité d’adaptation déconcertante (mais assez logique pour cet âge). En un mois elle changeait de pays, de maison, et commençait dans une garderie (je l’avais gardé jusqu’à ses six mois). J’appréhenderais plus un tel déménagement vers 8-10 ans, et ensuite…

  3. Weena dit :

    Pour avoir vécu sous les tropiques (3 ans Tahiti de 2 à 5), puis 5 ans la Réunion (de 8 à 12), et avoir beaucoup déménagé, je ne me rappel pas si mes parents avaient appliqués des méthodes particulière.
    Sur la fin, on participait activement, les premier je ne sais pas. Mes parents disent qu’on a toujours bien suivi et qu’on s’est toujours bien adaptés. J’en garde juste un goût immodéré pour l’avion, le boeing 747, c’est un peu mon doudou 😉

    En tous cas, belle vie à vous sur l’île ^^

  4. aggie dit :

    Un seul déménagement pour mes puces: à 12 km de notre ancien logement…
    Ma Loupiotte avait 5 ans et je me souviens qu’un matin, quelques mois avant le déménagement, en me levant je l’avais trouvée en train de prendre plein de photos avec son appareil parce qu’elle avait peur qu’on oublie d’embarquer des choses. Elle voulait qu’on embarque les portes, les fenêtres, le parquet,… 2 ans plus tard elle est encore un peu nostalgique de notre ancien appart, même si elle s’éclate dans la maison et notre jardin 😉

  5. delph dit :

    Bonjour, on a fait exactement le même chemin vers la Réunion en janvier 2012 avec une fille de 3,5 ans et une autre de 10 mois.
    Je me retrouve dans tout ce que tu racontes.
    Expliquer sans dramatiser. Si on est content de partir, tout simplement, l’enfant le ressent et se sent rassuré instinctivement. Il n’ont aucuns problemes à s’adapter, surtout à cet âge.
    Aujourd’hui, ma grande a 7 ans. Après pleins pleins pleins de « OUAIS MAMOUNE ARRIVE » suivi de pleins pleins de « Ooooooohhhh MAMOUNE REPART… » elle commence seulement à se rendre compte des aurevoir et elle est triste à chaque fois. Mais ça ne dure que 1H, et la joie de vivre revient au galop. Ils sont tellement heureux nos marmailles ici ❤
    Tu habites ou ? Bonne journée et bonne adpatation a vous 🙂
    Delphine

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