Juste prématuré ou handicapé?

La question de la vie… Jusqu’où veut-on notre bébé? Qui n’a pas eu peur d’avoir un bébé en mauvaise santé voire handicapé? Qui ne s’est pas demandé s’il en serait capable? On y pense, puis les échographies sont là pour nous rassurer. On chasse alors ces questions qui peuvent resurgirent douloureusement: une intervention médicale de grossesse ou une naissance d’un bébé prématuré, en grande prématurité soit avant 28 semaines d’aménorrhée. Que le monde est dur pour ceux qui ont toutes leurs capacités alors pour les handicapés il est comment ce monde? Mais si on te donne le choix d’interrompre la grossesse ou de t’occuper de ton bébé quel qui soit, que fais-tu? Personne ne peut savoir tant qu’il n’a pas été confronté à cette question. Je me suis toujours dis que je préfèrerais interrompre puis une amie qui y a été confronté à cette grande prématurité m’a remise en place gentillement « tant que tu ne sens pas bouger ton bébé, ne dis pas » et c’est vrai, je me suis souvenu des sensations que me faisait ma fille en bougeant. Elle était déjà là, dans nos vies, dans nos cœurs… Tu es déjà si sûr de cet amour, plein de certitudes, que tu veux le mieux pour cet enfant et que tu peux lui apporter, qu’il pourrait ainsi être heureux ce bébé. N’est-ce pas le principal?

1% des bébés sont prématurés soit 10 000 chaque année

Heureusement, moins de 1% des bébés naissent en grande prématurité, selon l’article de La recherche de décembre 2012. Ceux qui naissent avant 23 semaines survivent rarement, à une semaine près soit 24, on multiplie déjà leur survie: elle est alors de 50%. Une survie qui laissera souvent des traces à vie car, toujours selon le magazine, on compte des lésions cérébrales (qui ont des conséquences sur la motricité), des troubles sensoriels (vue, audition) et cognitifs. Ces enfants souffrent plus souvent que la norme d’hyperactivité ou à l’inverse d’autisme. Un seul enfant né avant 26 semaines ne présente aucun handicap avant l’âge de 6 ans. Voilà la phrase qui m’interpelle. Ce que le magazine ne précise pas est qu’en effet il faut attendre plusieurs années avant de définir les conséquences de la prématurité.

Quelques recherches sur internet et j’ai trouvé beaucoup voire trop d’infos sur la prématurité: les causes, la naissance, les droits, le suivi des premiers mois… Mais rien sur  les conséquences quand ces enfants ont grandi.

Si je traduis bien mes recherches du jour, une bonne partie des conséquences de la grande prématurité s’observent d’une part dans la sociabilisation de l’enfant (avant l’école donc) et d’autre part, quand l’enfant rentre à l’école, toujours dans son rapport à l’autre mais aussi dans son apprentissage. Dès l’entrée à l’école, ces enfants peuvent limiter leur « déficience intellectuelle » (je n’aime pas ce nom mais je n’en ai pas d’autres) s’ils sont accompagnés, s’ils ont une attention particulière. Ainsi, certains n’auront pas d’obstacle insurmontable. Selon bebeprema.fr, à l’âge de 8 ans, 95 % sont scolarisés dans une classe ordinaire et 5 % dans une classe spécialisée (contre respectivement 99 % et 1 % des enfants nés à terme). 18 % des grands prématurés avaient redoublé une classe (contre 5 % des enfants nés à terme). Un taux certes trois fois plus important mais je suis contre prendre la réussite scolaire comme base de la réussite tout court.

Concernant la sociabilisation, la famille est le premier appui et moteur. Des études ont démontré que plus le foyer est stimulant et stable, plus le bébé prématuré avaient de bons résultats aux tests mentaux.

Le handicap ne se limite pas aux personnes en fauteuil roulant

J’en viens à mon titre prématurité et handicap. Comment sont suivi médicalement les prématurés dans leur enfance? Un tiers des grands prématurés sont encore pris en charge médicalement à l’âge de 5 ans (selon Magicmaman.com) grâce aux kinésithérapeutes, psychologues, psychiatres, psychomotriciens. Encore selon bebeprema.fr,  à l’âge de 5 ans, plus de la moitié des enfants nés entre 24 et 32 semaines d’aménorrhée ne présentaient aucune séquelle et 32 % recevaient une prise en charge médicale ou paramédicale adaptée (contre 15% des enfants nés à terme). Des chiffres rassurants, n’est-ce pas? Peut-on estimer qu’on s’en « sort » un jour?

La prématurité peut tellement influer sur le développement de l’enfant qu’on peut le définir comme handicapé. D’autant que certaines maladies ne se voient qu’avec l’âge avançant (notamment la dyspraxie) et certaines études le démontrent. Je cite le colloque Regards sur la diversité des famille de Montréal en 2005: « Une recherche portant sur des enfants nés à 33 semaines démontre une détérioration de leur condition entre l’âge de 8 et 15 ans. Si 11% d’entre eux avaient un handicap important à l’âge de 8 ans, ils étaient 22% une fois atteint l’âge de 15 ans. Le quotient intellectuel moyen de ces jeunes avait chuté de 104 à 95 pendant la même période.
Ces problèmes échappent pour la plupart à la clinique néonatale où l’on cesse de suivre les enfants prématurés en général vers l’âge de 18 mois, bien que dans certains cas ce suivi soit maintenu jusqu’à l’âge de sept ans. Les médecins ignorent donc la plupart des pathologies qui se développent chez les enfants prématurés au terme de leur suivi médical. » C’est là pour moi que le bas blesse: faire que la vie soit possible, oui mais qu’elle continue aussi dans les meilleures conditions possibles l’est aussi.

C’est difficile d’assimiler le handicap à une naissance survenue trop tôt et pourtant, selon la définition du handicap, oui la prématurité en altérant les facultés de l’individu l’handicape. Selon Wikipédia, le terme handicap désigne la limitation des possibilités d’interaction d’un individu avec son environnement, causée par une déficience provoquant une incapacité, permanente ou non, menant à un stress et à des difficultés morales, intellectuelles, sociales et/ou physiques.

Le statut handicapé doit donner des droits à cet enfant et sa famille alors je trouve cela positif, que cette aide soit reconnue. Néanmoins, le terme d’handicapé ne recouvre-t-il pas trop de maux? Même si handicapé est de plus en plus considéré (dans les infrastructures notamment) et intégré, selon le web libre, ce mot recouvre aussi bien un aveugle, un accidenté de la route, un trisomique qui le sont de naissance ou non. N’était-ce pas cette définition large qui nous rend si mal à l’aise et qui ne nous donne pas envie de cataloguer notre enfant?

Ceci est ma participation aux premiers vendredis intellos de 2013!
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10 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Brenda lala dit :

    Je suis l’heureuse maman de Nolan né à 28 s, 1kg240 et 37cm grand prema et il à été diagnostiqué handicapé en janvier. Je me reconnais dans vos messages nous aussi avec son papa traversons des moments de doutes, on a parfois l’impression de marcher seul dans le noir a anticiper le prochain mur ou obstacle mais on y va! Quand aux spécialistes et médecins, ils voient ça d’un œil extérieur, le soir ils rentrent chez eux retrouvent leur famille et sont bien loin du dossier numéro xxx, celui de notre enfant mais on se bat pour lui car personne d’autre ne le fera… Ils ont juste du mal a comprendre qu’on doit continuer a travailler, avoir une vie sociale, payer nos factures et crédit car non personne ne nous avait predit qu’il viendrait si tot, en fait on essaye juste de vivre de la facon la plus classique possible meme si on a quelqu’un d’exceptionnel chez nous 🙂 J’ai trouver en lui un nouveau souffle, une force de vivre. C’est vrai, mon fils a juste deux ans et il ne marche pas, ne marchera peut être jamais selon certains spécialistes, moi en tout cas je ne vois que ses progrès, je me concentre sur ce qui va, le langage, l’échange, tout cela est vital pour surmonter le reste. Personne ne peut dire de quoi sera fait sa vie, peut être qu’il sera sportif en fait, personne ne lui prendra ce rêve!
    Oui, c’est dur, inquiétant et long mais est ce que ça n’en vaut pas le coup ? Si bien sur, chaque matin je vois ce sourire sur son visage sa petite bouche qui dit « maman » et ses bras tendus vers moi… Et la il n’y a pas un seul doute je sais, je l’aime et cet amour est plus fort que tout le reste, les regards, les mots, les maladresses, l’incompréhension et le rejet… Je suis et serais infiniement fière de lui! Merci aussi a ma famille qui est un soutien moteur 🙂

  2. sybille dit :

    Bonjour je suis maman d’un peti garçon de 6ans. Mon fils es un gran prema ne a 31 sem il a étai hospitalisée un mois en neonat.il a jamais eu de souci au niveau moteur ou sensoriel en revanche depui son entree à lecole les difficultes arriven les 3 année de maternel on etai difficile par rapport aux autres eleves, il avai du mal à faire parti du moule. De nature très impulsif et anxieux ca na rien arranger. Depuis son entree au cp il a de grosse difficultes d’apprentissage à l’écriture la lecture et surtou la concentration. Il arrive pa à rester en place et ecouter plus d’une heure. Il arrive pas à travailler seul il a constamment besoin quon l’accompagne. Tout ca à entraîner un gros manque destime envers lui même. La maîtresse me tane pour le mettre en école specialise en plus du suivi prema il es vu chaque srmaine par une psychomotricienne au cmp. On me répète souvent que tout cela vien du fait que je suis seule avec mon fils et quil manque de repére vis à vis de son pere. Hors c faux il voi son pere,je me tue a leur dire kil es prema et que je suis sur que cela vien de la. Mais je suis pas écoutéenon me di ke la prematurite c les première annnes et qu’à present il a tout récupérer. Je suis desemparee j’en suis venu à douter de moi,que jetai une mauvaise mere et que par ma faute étant seule il manquer de stabilite. Alors en lisant tout les com ca me rassure et je me sent enfin comprise

    1. theworkingmum dit :

      Je suis contente que tu trouves réconfort sur mon blog et je te souhaite un bon courage, cela ne doit pas être évident…

  3. Aileen dit :

    C’est un peu ma reflexion du moment… je suis arirvée ici d’ailleurs en tapant les mots « prématurité et handicap » sur Google.
    Ma fille est « née » à 31 SA avec un RCIU important (mais harmonieux), elle pesait 940 g. Elle va avoir 8 ans cet été. Et là, en ce moment, je lâche un peu le thème de la prématurité pour accpeter celui du handicap.
    On nous a dit tellement de choses depuis sa naissance. Essentiellement des encouragements et des bonnes nouvelles, des pseudos témoignages de « machin qui connait truc qet qui va bien », des exemples de précocité aussi…
    Elle aura du retard certes mais qu’elle rattrapera… elle a rattrapé un peu mais certains retards moteurs sont très handicapants aujourd’hui que ce n’est plus une petite… dyspraxie, dysgraphie. Son frère qui n’a pas 3 ans commence à la dépasser sur certains points qui demandent coordination et motricité fine. Et tous ces efforts pour des gestes du quotidien qui la fatiguent énormément.
    Elle est suivie depuis son entrée en maternelle par des tas de spécialistes et on continue à enchainer, la prochaine nouveauté c’est l’endocrinologue, on nous parle aussi de vessie immature aujourd’hui… un problème est réglé (ou en tout cas pris en charge) et un autre apparait… Même si le mot « handicap » est prononcé depuis très longtemps je crois que je viens seulement d’en prendre conscience à 100% que ma fille, ancienne préma, est aujourd’hui handicapée. Même si elle est scolarisée en classe normale (avec une AVS et un ordinateur), même si son intelligence est celle des enfants de son âge, elle aura quand même toujours des obstacles sur son parcours, d’autant plus difficiles je trouve que son handicap est mal connu ou mal perçu et en tout cas quasi invisible.
    Sangrego, je me suis vachement retrouvée dans ce que tu as écrit… as-tu un blog ? On peu peut-être échanger…

  4. sangrego dit :

    C’est clair que si tous les enfants étaient suivis au « peigne fin » comme les prémas de nombreux troubles pourraient être détectés avant l’entrée à l’école. Quelque part c’est une « chance » malgré la lourdeur du suivi. Quant à le dire au corps enseignant, là encore tout dépend d’une part des troubles dont l’enfant est atteint et d’autre part du corps enseignant (prof, direction,…..). Là dessus nous avions eu l’avis de la pédiatre qui nous a fortement conseillés de prendre RDV avec eux dès l’entrée en Petite Section. Et nous avons bien fait: Ulysse n’est pas « catalogué », bien au contraire nous avons droit à un suivi en relation étroite avec ergothérapeute et orthophoniste. Il y a dans sa classe d’autres enfants nés à terme qui bénéficient d’un suivi. Enseignante et directrice ne font pas de différence. Ce sont des enfants qui ont besoin d’aide. Maintenant je suis d’accord sur le fait que si l’enfant est né préma et qu’il n’a aucun suivi parce qu’il a rattrapé ses retards de croissance et d’apprentissage, de ne pas en parler à l’école. Grâce au tandem corps médical-corps enseignant notre bonhomme va être pris en charge par la MDPH et va avoir droit à une auxiliaire en classe (il ne sait pas tenir son crayon, ni baisser son pantalon pour aller aux toilettes……).Cela va lui être très bénéfique pour évoluer dans ses apprentissages. Pour le moment il reste en retard car ce qu’il sait faire à l’oral il ne peut l’écrire et nous comprenons que la maîtresse ne peut pas être qu’avec lui .Ensuite, si la dyspraxie est confirmée il aura droit à son ordinateur en classe dès le CP .Mais encore une fois, d’autres enfants non- prémas sont dans sa situation. L’essentiel c’est la prise en charge de ces enfants, que ce soient les parents, les institutions, les enseignants. Il y a malheureusement des enseignants qui considèrent que ces enfants là ( comme les enfants précoces d’ailleurs mais ça c’est un autre sujet!!) devraient être dans des classes spécialisées. En tant que parents nous sentons si notre enfant est bien ou pas. A nous de faire en sorte que tout se passe du mieux possible, communiquer avec les spécialistes,les enseignants. Et si l’enfant n’est pas bien, il faut changer d’école, de spécialiste……l’important c’est lui et rien que lui.
    Pour finir,je suis d’accord sur le fait de ne pas répéter sans cesse à l’enfant et aux parents les problèmes liés à la prématurité mais malheureusement on nous le remet sur le tapis souvent. Et surtout quand nous sommes fiers de l’évolution de notre crevette, le corps médical est là pour freiner nos élans de fierté. Là aussi c’est du vécu…fière d’avoir entendu mon bonhomme réciter l’alphabet et compter jusqu’à 25 la neuro psy m’a demandée de ne pas trop m’emballer. Mais heureusement la maîtresse a noté tous ses progrès sur le bilan du premier trimestre et est fière de lui……..Tout est question d’équilibre. …….

  5. J’avoue que la question de l’IMG me met terriblement mal à l’aise. Qu’un parent y pense, je peux à la limite le comprendre. Mais je ne pense pas que les médecins devraient la proposer systématiquement.
    En tout cas, j’ai beaucoup aimé les 1ers commentaires des mamans d’enfants prématurés. Et je suis tout à fait d’accord avec leurs réflexions sur les statistiques.
    Personnellement, je sais que, quel que soit le problème qu’on me prédirait, je garderais mon enfant. Même si j’ai bien conscience de la difficulté, et que j’ai l’impression que je n’en serais jamais capable. Mais je pense qu’on développe des ressorts incroyables face à l’épreuve, surtout quand ça touche nos enfants. Et puis, je ne pourrais jamais me résoudre à tuer mon enfant, surtout sur des suppositions !!!
    J’ai une copine, quand sa mère était enceinte d’elle, les médecins lui ont dit qu’elle serait handicapée et qu’il valait mieux qu’elle avorte. Elle a refusé malgré leur insistance. Et finalement ma copine n’a aucun souci !
    J’en ai une autre qui a déjà un enfant lourdement handicapé et qui connaît donc la difficulté. Lorsqu’elle s’est de nouveau retrouvée enceinte, son médecin lui a dit que l’enfant avait statistiquement 1 « chance » sur 4 d’avoir le même handicap que son autre enfant et elle lui a conseillé d’avorter. Et mon amie a avorté. Mais sincèrement, je me demande à quel point l’influence du médecin et des statistiques ont joué, et ça me pose vraiment problème…
    D’ailleurs, j’aime beaucoup ce que dit Tan Lynda sur les Philippines : certes, ils ne « profitent » pas des avancées technologiques comme nous, certes l’angoisse de savoir si bébé aura un problème ou non est terrible. Mais que d’humanité gardée dans cette société !
    Chez nous, on regarde tout ce qui est « anormal » d’un mauvais œil. Certains te culpabilisent même si tu oses dire que tu garderais un enfant handicapé car c’est égoïste : tu ne pourrais pas bien t’occuper de tes autres enfants ! (cette réflexion c’est du vécu malheureusement…)
    Bref, je me demande à quel point le fait de savoir avant est finalement une bonne chose…

  6. Moi tout ça me rappelle ce que m’a dit ma pédiatre spécialisé dans la prématurité qui suit ma loupiote née a 30SA a 880gr et 35cm.
    Elle m’a dit que les statistique était forcément plus haute pour les prématurité car il sont beaucoup plus suivi donc on repère plus vite le moindre petit « problème » et de ce faite ils sont entrer automatiquement dans les fichier de statistique contrairement aux enfants à terme.
    Chaque enfant est différent et encore plus les prématuré rien n’est prévisible, oui ils ont plus de « chance » d’avoir des soucis mais rien n’est prévisible.
    En ce qui concerne l’école et donc du redoublement, en réalité ils ne faut surtout pas prévenir l’école que l’enfant est prématuré (sauf s’il y a un soucis important avec l’enfant) sinon il est automatiquement catalogué comme enfant à « problème » et donc les enseignant font plus de fixette sur le moindre petit chose que l’enfant ferai moins bien ou différemment des autres enfants, ils laissent plus facilement passer des chose, a un enfant né a terme qu’a un enfant né prématuré.

    Personnellement, j’ai surtout l’impression que ces étude sont faite pour culpabiliser les parents qui choisissent de ne pas faire d’IMG quand on leur propose ou demande de pas stopper les soins d’un enfant né trop tôt.
    De par expérience personnelle et au vu de mon entourage de connaissance. Je sais que les prématuré sont de vrais battant, que des très grand prématuré et des grands prématuré s’en sorte très bien et sans gros soucis.
    J’ai pris aussi le parti de ne pas faire spécialement attention au différente étude car on entent tout et son contraire.

    Laissons grandir nos prématurés sans leur répété, a eux et leur parents, en permanence qu’ils ont ou auront forcément des problèmes.

  7. sangrego dit :

    Pour une fois je commente…..du moins je vais essayer…..
    Ton enfant naît, trop tôt, t’avais pas prévu mais avant de le « faire naître » (parce qu’en prématurité on parle rarement d’accouchement, on « fait naître » ton bébé) on te « convoque » (oui oui c’est le mot employé) pour te dire qu’on ne sait pas ce qui va se passer après. On te fait part effectivement de tout un tas de statistiques, on te parle des handicaps (physiques, mentaux), bref on te fout le moral à zéro et à la fin on te demande de réfléchir à l’éventualité d’une IMG…….à toi de réfléchir avec tes chiffres de stats en tête….toi, ton bébé, tu le portes, tu le sens, tu le vis, tu connais son sexe, tu as réfléchis à des prénoms, tu l’as imaginé avec les yeux verts ou marrons, les cheveux blonds ou bruns, tu as commencé la déco de sa chambre, tu l’as imaginé plus grand et là on te demande si tu ne veux pas interrompre ta grossesse pour raisons médicales????mais quelles raisons??on t’a donné que des chiffres!!!ce n’est pas comme si on t’avait dit son encéphalogramme est plat, où il est trisomique…..on t’a dit : « on ne sait pas ce qui va se passer derrière!! »
    Tout était réfléchi pour nous (parce que même si papa ne porte pas bébé il y est déjà fort attaché). Notre Ulysse est né le 04 janvier 2008 : 30 cm, 630 grammes (non, je n’ai pas oublié un chiffre!) à 29 SA avec un retard de croissance intra utérin sévère (entre autre, mais je ne m’étends pas sur le sujet, il y a différents stades de prématurité: un préma né à 26 semaines peut être plus « gros » et donc moins « fragile qu’un préma né à 29 semaines à 600 grammes mais rentrent en lignes de compte aussi les différentes pathologies …..).
    Depuis , que de chemin parcouru…..tout d’abord l’hospitalisation, avec toujours des stats (tant d’enfants survivent au bout de 48 h puis tant au bout de huit jours puis tant au bout d’un mois…….), puis après sa sortie encore des stats (tant présentent des troubles moteurs, tant présentent des troubles mentaux…..), ensuite l’entrée à l’école et toujours des stats (tant redoublent, tant suivent normalement…..).
    Ce qu’on intègre pas dans ces stats c’est le nombre de parents qui baissent les bras devant la multitude de spécialistes à consulter avant les 6 ans de l’enfant…..parce que ça en fait des RDV!!!!pneumologue (parce que le préma est resté longtemps sous assistance respiratoire avant de respirer tout seul)ORL (au moins 6 tests d’audition les trois premières années), ophtalmo, kiné, psychomotricien, pédo psy, orthophoniste, neurologue, endocrinologue, ergothérapeute, neuro psy……..comment tu fais quand tu travailles?certains te diront: « mais, ton enfant d’abord! »oui d’accord mais ton enfant il mange, il s’habille, il joue et ses frères aussi…….tu as une aide au départ par la Caf (présence parentale) mais elle ne remplace pas ton salaire qui payait « accessoirement » le crédit de ta maison et de ta voiture..Mais certains en ont surtout « ras le bol » qu’aucun de tous ces spécialistes ne soit en mesure de dire si leur enfant a un handicap ou non. Il faut toujours attendre , voir comment il évolue. Sans oublier les spécialistes qui te font culpabiliser si tu comptes arrêter le suivi……
    Et puis ce qui t’a été dit au départ « on ne sait pas ce qui va se passer derrière » on te le répète encore à chaque « bilan synthèse » de tous les spécialistes que tu as consulté……
    Résultat, ton bébé a des lésions cérébrales mais « on verra »…, il a un bras constamment en flexion mais « on ne sait pas »
    il a un retard de langage, l’orthophoniste est là pour ça mais pour combien de temps?ça tu n’en sais rien…..et pour tous les spécialistes c’est idem!
    Nous ne faisons pas partie des parents ayant baissé les bras mais aujourd’hui, Ulysse a 5 ans et il est toujours en « retard », toujours suivi. D’abord des soupçons d’autisme vers l’âge de 18 mois, le corps médical a finalement écarté ce handicap, puis désormais catalogué dyspraxique mais à vérifier à ses 6 ans.
    Il est plein de vie, il aime l’école, il aime jouer, il est aussi « dans son monde » (il ne répond pas toujours aux questions qu’on lui pose tout comme il peut venir te solliciter sur un sujet qu’il juge important pour lui).
    Dans son cas la prématurité est un handicap mais beaucoup d’enfants nés à terme ont ce type d’handicap aussi……alors est ce parce qu’il est né préma ou est ce qu’il aurait eu les mêmes troubles s’il était né à terme?nous ne la saurons jamais.
    Tout ça se vit au jour le jour, au mois le mois, d’année en année.
    Que ce soit lui , préma, ou un autre, atteint des mêmes troubles, il faut être présents, les entourer, les aider à évoluer, et même plus tard à trouver leur voie professionnelle si des difficultés de suivi scolaire se font sentir.
    Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort Nietzche.

  8. Tan Lynda dit :

    Un bel article qui soulève chez les mamans (et papas) un mal être certain… comme tu le dis, on est toutes confrontées pendant la grossesse à cette angoisse, plus ou moins grande, mais on se pose quand même la question… Je repense à ma maman qui me dit toujours que c’était sa hantise car elle fait partie de la génération sans les échos, où c’était la surprise à la sortie. Elle me disait que son premier réflexe était de m’avoir ausculté pour vérifier que tout était là… Et je repense aussi à mon expérience aux Philippines où la majorité des habitants sont catholiques fervents et qu’ils ne pratiquent pas l’avortement et rarement l’échographie… et donc beaucoup d’enfants prématurés ou handicapés de naissance ne survivent pas. Mais ce qui est très beau là bas, c’est que les enfants sont très bien intégrés et soutenus au coeur des familles. Très aimés et pas mis de côté, ou « cachés »… car comme tu le dis, la sociabilisation passe par la famille, mais certaines ne sont pas préparées.
    Je pense que c’est un sujet très lourd et qu’il faut le vivre pour vraiment se rendre compte de ce que cela implique.

  9. Ce que je vais dire est horrible mais si j’apprenais que mon bébé serait handicapé je ne pourrais pas assumer ! Et je connais un bébé prématuré il va bien à du retard un peu mais va bien 🙂

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